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28 décembre 1845 – Vers dorés, sonnet publié dans L’Artiste-Revue de Paris, repris sous le titre: Daphné en 1853 dans Petits châteaux de Bohême, et Delfica en 1854 dans Les Filles du feu, Les Chimères.

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VERS DORÉS.

 

Ultima Cumaei venit jam carminis aetas.

 

La connais-tu, Daphné, cette ancienne romance,
Au pied du sycomore ou sous les lauriers blancs,
Sous les myrtes en fleur ou les saules tremblans,
Cette chanson d’amour qui toujours recommence ?
 
Reconnais-tu le temple au péristyle immense,
Et les citrons amers où s’imprimaient tes dents,
Et la grotte fatale aux hôtes imprudens,
Où du dragon vaincu dort l’antique semence ?…
 
Ils reviendront ces Dieux que tu pleures toujours :
Le Temps va ramener l’ordre des anciens jours ;
La terre a tressailli d’un souffle prophétique !
 
Cependant la Sibylle au visage latin
Est endormie encor sous l’arc de Constantin
Et rien n’a dérangé le sévère portique.

 

Tivoli, 1843.

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