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15 octobre 1842 – Rêverie de Charles VI, fragment publié dans La Sylphide. Le manuscrit de ce fragment est conservé à la Bibliothèque de l’Institut (fonds Lovenjoul D 741, fol. 6)

Voir la notice LA CRISE DE 1841 et BELLES PAGES, « et nattends pas la NUIT »

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RÊVERIE DE CHARLES VI.

(Fragment)

 

… Que de soins sur un front la main de Dieu rassemble
Et donne pour racine aux fleurons du bandeau !
Pourquoi mit-il encor ce pénible fardeau
Sur ma tête aux pensers sombres abandonnée,
Et souffrante, et déjà de soi-même inclinée ?
Moi qui n’aurais aimé, si j’avais pu choisir,
Qu’une existence calme, obscure et sans désir ;
Une pauvre maison dans quelque bois perdue,
De tapis de lierre et de mousse tendue,
Des fleurs à cultiver, la barque d’un pêcheur,
Et de la nuit sur l’eau respirer la fraîcheur,
Prier Dieu sur les monts, suivre mes rêveries
Par les bois ombragés et les grandes prairies,
Des collines le soir descendre le penchant,
Le visage baigné des lueurs du couchant,
Quand un vent parfumé nous apporte en sa plainte
Quelques sons affaiblis d’une ancienne complainte…
Oh ! ces feux du couchant, vermeils, capricieux,
Montent, comme un chemin splendide, vers les cieux !
Il semble que Dieu dise à mon âme souffrante :
« Quitte le monde impur, la foule indifférente,
Suis d’un pas assuré cette route qui luit,
Et viens à moi, mon fils… et n’attends pas la nuit ! »

 

GÉRARD DE NERVAL

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Le manuscrit autographe porte en tête trois vers suivis de points de suspension:

 

On ne sait pas toujours où va porter la hache,
Et bien des souverains, maladroits ouvriers,
En laissent retomber le coupant sur leurs pieds !
……………
 
Que d’ennuis dans un front la main de Dieu rassemble
Et donne pour racine aux fleurons du bandeau !
Pourquoi mit-il encor ce pénible fardeau
ReveriedeCharlesVI